Note de conjoncture 2026/2027
Enjeux et perspectives du marché de l'assurance Entreprises
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2025 a consolidé une nouvelle réalité sur le marché de l’assurance des entreprises : un secteur techniquement plus robuste bien que davantage confronté à des pressions persistantes (inflation, évolutions réglementaires, intensification des événements climatiques et accélération technologique). Les hausses de primes des dernières années et les mesures techniques imposées (meilleure prévention incendie ou transfert de risques) ont permis aux assureurs IARD de retrouver des résultats techniques bénéficiaires. Les ratios combinés s’améliorent alors même que le coût des événements climatiques reste élevé. Portefeuilles mieux équilibrés et primes plus alignées sur les expositions renforcent la capacité du marché à absorber la volatilité. Dans ce contexte, il ne s’agit plus seulement de transférer les risques, mais de les piloter, de les prévenir et de les financer de façon stratégique.
Pour les entreprises proactives dans la gestion de leurs risques, cela crée des opportunités : bénéficier de la concurrence accrue et de l’appétit croissant pour les risques bien maîtrisés. Côté assureur, la sélectivité augmente : qualité des données, lisibilité des expositions et crédibilité des plans de prévention deviennent des critères clés.
Les renouvellements 2027 présentent ainsi des dynamiques contrastées :
- En dommages aux biens, les conditions demeurent favorables pour les risques standards ou plus sensibles mais bien gérés et protégés, où les capacités se concentrent. Le niveau de prévention reste exigeant.
- En responsabilité civile, le marché offre également de meilleures conditions. Les capacités sont attirées par la rentabilité. Des disparités restent cependant fortes selon les activités et le contexte réglementaire de chacune.
- Le secteur de la construction reste très impacté par le contexte conjoncturel (élection présidentielle à venir) et structurel (faible capacité d’investissement). Le marché de l’assurance sous-jacent reste prudent, subissant la sinistralité en écho à des périodes de sécheresse inédites et le retrait de capacité en RC décennale ; la tendance reste légèrement haussière. Les capacités privilégient les acteurs offrant des garanties techniques robustes.
- En cyber, nous observons d’un côté des résultats favorables bénéficiant des investissements de sécurité IT et de l’acculturation accrue au risque ; d’un autre, une menace nouvelle que représentent les capacités IA. Sur les autres lignes financières (D&O, fraude, etc.), le climat est apaisé mais la vigilance intacte face aux risques de gouvernance et de réputation.
L’assurance automobile reste sous tension. L’inflation des coûts de réparation persiste, portée notamment par l’électrification des parcs et le coût du corporel. L’optimisation budgétaire passe par l’aménagement des programme et l’augmentation de l’auto-assurance. Les mesures de préventions efficaces sont observables et payantes dans la durée. - L’environnement de la protection sociale reste sous forte pression. Le transfert de charges nouvelles est attendu et l’inflation des coûts médicaux continuent à mettre sous pression les programmes santé. La prévoyance subit l’augmentation des arrêts maladie qui désormais se consomment. Des hausses tarifaires significatives sont à anticiper.
Dans ce paysage, le rôle du courtier est d’aider les entreprises à transformer la complexité du marché en décisions claires : arbitrage des niveaux de couverture et de rétention, choix des partenaires, structuration des programmes. Cette mission s’appuie à la fois sur l’expertise humaine, sur l’analyse rigoureuse des données et sur l’usage des technologies, qui vient renforcer la capacité de diagnostic, de conseil et de service.
Très bonne lecture,
Fabrice Nuttens, Président de Satec